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des taux négatifs ?

Retour aux articles 11/10/2019

Quelle sera votre réaction lorsque votre banque prélèvera un taux négatif sur votre compte ?

 

Avant d'y répondre, posez-vous la question de savoir comment nous en sommes arrivés là et surtout à quelles conséquences sommes-nous exposés.

 

Rôle des  banques centrales.

Rappelez-vous, suite à la crise financière de 2008, la Banque centrale américaine (FED)  a acheté des titres de dettes publiques  dans le but de faire baisser les taux d’intérêts.

La Banque centrale européenne (BCE) emboite le pas de cette politique quelques années plus tard.

Pour situer l’importance de cette opération, on parlait de 1700 milliards d’euros.

On a ainsi déversé sur les marchés monétaires des masses d’argent, le but étant de lutter contre l’inflation et de favoriser la croissance et le plein emploi.

Dès 2015, Les banques centrales de tous les grands pays développés ont alors aussi baissé leur taux d’intérêt par lequel elles refinancent les banques commerciales. Cet argent devant permettre à des entreprises et aux des particuliers de financer des projets privés.

Cela va se traduire par une faible inflation et une réduction du marché des titres obligataires émis par les Etats de la zone euro. Résultat des courses : l’apparition de taux négatifs.

L’idée sous-jacente étant de forcer les épargnants à consommer.

 

                                                                 *********

 

Mais arrêtons là ces considérations techniques pour voir les incidences probables sur monsieur tout le monde.

A commencer par votre serviteur et je vois dans tous les cas deux grands dangers.

 

  1. Sincèrement je n’accepterai pas de devoir payer pour mettre mon argent dans une banque.

     

    On peut également se poser la question suivante : si chaque client allait retirer le solde de son compte bancaire afin d’éviter de payer des intérêts négatifs, aurait-on assez de billets en stock pour gérer pareille situation ?

     

     

     

    Dans cette hypothèse, je verrai un risque potentiel pour que l’Etat nous oblige à utiliser une monnaie totalement électronique.

    A l’évidence on finira bien par y arriver car de moins en moins de citoyens trimballent sur eux des billets. Dans les pays nordiques (Suède, Norvège) il devient pratiquement impossible de payer avec du cash.

    Pour le moment un taux négatif n’est appliqué qu’à des gros dépôts, mais on entend de nombreuses rumeurs disant que cette limite pourrait s’abaisser à des montants déjà en dessous de fr 100'000.-- !

     

  2. Le deuxième risque majeur de cette situation concerne nos caisses de retraites.

    (pas celles des fonctionnaires de l’Etat de Genève, car il suffit de faire voter le bon peuple pour les renflouer)

    Les caisses de retraite sont financées pour une grande partie par les rendements des obligations qu’elles détiennent.

    Si elles étaient privées de ces revenus, voire pire en devant comptabiliser des pertes, elles seraient alors en grandes difficultés à faire face aux paiements des rentes de leurs retraités.

    Heureusement la plupart de nos caisses de pension disposent de réserves, mais ces dernières  deviennent de plus en plus insuffisantes.  Des changements radicaux en matière de placement sont très restreints compte tenu des directives de la LPP.

     

    Conclusion :

    Et qu’est-ce qu’il nous pend au nez lorsque les taux d’intérêts sont trop bas et les dettes trop hautes ?

     

    Je crois m’être souvent exprimé dans mes précédentes chroniques sur les conséquences catastrophiques et des risques énormes pour les sociétés, les communautés et pratiquement tous les pays d’être endettés jusqu’au cou.

     Suivez aussi mon regard pour les finances du canton de Genève !

    Il sera facile de comprendre que des rendements négatifs seront un facteur qui augmentera encore un peu plus cette situation financière  malsaine.

    Force nous est de constater qu’il leur est pratiquement impossible de réduire leurs dépenses, de faire des économies afin de diminuer leurs dettes.

    Tous les ingrédients sont alors réunis pour faire un cocktail explosif

     

     

     

     

     

     

    La question étant jusqu’à quand pourra t’on éviter une monumentale crise financière ?

     

    Je vais me risquer à vous le dire  (t’es gonflé mon vieux ! )

    Les grandes crises arrivent cycliquement.

    Pour avoir étudié la théorie de Kondratieff  (célèbre économiste russe,  voir ma chronique du 9.2.2008)  on sait que ces crises se produisent tous les 15 ans.

    La précédente remontant à 2008, on peut être certain de pouvoir situer la suivante aux environs de 2023.

    Celle-ci fera très mal, car elle sera mondiale.

    Et on se rappellera ce passage biblique : ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.…

     

    Mais bonne nouvelle : vous avez encore 4 ans pour vous y préparer

     

    J’ai dit

Magnifique

Très instructif. Tu as des talent de pédagogue!!!!!

Magique cet article...négatif

Magique cet article...négatif !
Dominique R.

Chronique

Mon cher cousin,
Alors là, chapeau ! Oser se lancer dans l'explication des taux négatifs dans un parterre d'amis qui te suivent pour tes excellentes chroniques gastro-culturelles, il fallait le faire ! Et j'ajoute que ta mission est accomplie au-delà de tes plus folles espérances car même le niais indécrottable qui te sert de cousin a compris ! Evidemment, on comprend toujours mieux ce qui nous est un peu étranger, comme la fortune, par exemple et au hasard ! Mais tout de même, pour être à l'affût depuis des lustres, dans nos fleurons de la presse et même à l'AGEFI, de l'article qui me convaincra sur la légitimité des intérêts négatifs, je suis dans l'admiration sincère vis-à-vis de ta très bonne chronique !
Beau lundi et à très bientôt.
Le cousin

taux négatif

que vont devenir tous ceux qui ont emprunté en négatif alors que les taux seront à 1 ou 2 %.
Etat-canton-privé et entreprises.
geneve - france +xxx
et si la bulle financière explose.

Bonjour JC, Un des problèmes

Bonjour JC,

Un des problèmes majeurs de la situation crée par le trop plein de la masse d'argent mis en circulation par le Banques Centrales (et les intérêts négatifs qui en sont l'effet collatéral), est le fait que cet argent ne profite qu'à une infime partie de la population, essentiellement à travers les dividendes exagérément grandes versées par les grandes entreprises, dividendes qui ne sont que très partiellement réinvesties au profit de l'économie ( à l'exception des produits de luxe, bien entendu).
Qui a besoin de plus d'un yacht ou d'une énième voiture de grand standing?
Si les profits des entreprises étaient partagés à partie égale entre propriétaires/actionnaires, investissement et salaires, l'argent en circulation par ces trois canaux boosterait ainsi, et très certainement et davantage, l'économie mondiale.
Mais ce n'est que mon humble avis, du fond des tripes.
Bon week-end
M

Merci, Jean-Claude, pour

Merci, Jean-Claude, pour cette chronique-analyse claire, limpide et convaincante. Depuis que j'en ai entendu parler, j'ai toujours pensé que des taux d'intérêts négatifs ne pouvaient être que malsains. Bien sûr, tous ceux qui ont besoin d'emprunter sont contents s'ils obtiennent des crédits à un faible taux d'intérêt (à l'époque nous n'étions pas très heureux d'avoir des hypothèques à 8%), mais trop c'est trop - ou plutôt trop peu c'est trop peu - et tu le démontres avec brio. Et puisque nous allons inéluctablement vers une crise financière majeure, préparons-nous y. Dans une prochaine chronique tu nous diras peut-être comment faire?
Amicalement
Max

Bravo pour le moral surtout

Bravo pour le moral surtout que moi comme toi, nous n'avons plus de jardin pour enterrer la magot !!
Enfin nous avons toujours les théories de Thomas Pikkety qui va sauver le monde

taux négatifs

J-C tu es bien sûr un oiseau de mauvaise augure même si tu as pas vraiment tort !
Comme on dit on verra bien mais tu ne parles pas de la bourse qui est surfaite en Suisse comme ailleurs et donc c’est peut-être le moment de tout vendre avant la crise qui risque d’être plus tôt que prévue...
Car avec des dingues comme Trump et Erdogan qui ne font que foutre le bordel dans le monde , il a peu d’espoir que cela s’ améliore et donc sauf qui peut !
Les pronostics sont ouverts et le grand casino mondial de la finance n’a plus qu’à dire «  les jeux sont faits ou Aléa jacta est « 
Si vous en avez le courage vous pouvez toujours miser sur l’avenir...qui ne semble pas très rose.
Ce ne sont que des élucubrations ( pas d’Antoine) mais après un coup de « Syrah » à Flanthey !

Taux négatif

Étant à l’aube de nos 80 ans en 2023 on ose espérer arriver à poursuivre notre retraite sereinement si par chance la maladie nous épargne. Mais quel sera le sort de nos enfants ou petits-enfants ? Profitons donc de la vie et de tous les plaisirs qu’elle peut nous offrir. Amitié

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