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vous avez bien dit : dettes ?

Retour aux articles 27/11/2014

           On ne meurt pas de dettes, on meurt de ne plus pouvoir en faire

                                       Louis Ferdinand Céline


L’endettement généralisé actuel des privés, des sociétés et des Etats ne doit pas nous laisser indifférent.

Mais peut-on vivre avec autant de dettes ?

Personnellement je ne le crois pas, même si de brillants économistes, des politiciens de tout poil et de distingués professeurs universitaires nous racontent tout le contraire.


En Suisse :

A la sortie de la 2ème guerre mondiale, la Suisse a connu un important endettement, puis elle a été  fortement touchée par  le choc pétrolier des années 70, si bien que son endettement devient à cette époque le double de celui de l’Allemagne et de la France.

Il n’en fallait pas moins pour que notre Conseil Fédéral vote un amendement constitutionnel sur un frein économique garantissant un équilibre financier de nos comptes. Le peuple suisse l’accepte en votation en 1981.

La Suisse arrivera ainsi et grâce à une conjoncture favorable à abaisser le taux de son  endettement à 38% du PIB

 

 

 

En France

Si nous regardons nos voisins, le même taux s’élève actuellement à 95% du PIB !

Pour mémoire, la dette publique c’est-à-dire tous les emprunts contractés par l’Etat, doit être inférieure à 60% du produit intérieur brut ( PIB ) des Etats de la zone euro selon les critères de Maastricht.

Les intérêts de la dette deviennent ainsi le poste le plus lourd du budget de la France, soit  47 milliards contre 44 pour l’éducation et 30 pour la défense.

On n’est pas loin du stade où la croissance économique ne suffira plus à rembourser les intérêts de  la dette.

Les Français auront beau manifester dans la rue, il faudra quand même qu’ils remboursent l’argent qu’ils ont emprunté.

Et malheureusement Bercy n’est pas Lourdes pour réaliser des miracles afin de payer toutes ces dépenses, il devra bien recourir à des prélèvements d’impôts de plus en plus lourds.

Une épée de Damoclès est suspendue sur la tête de ce gouvernement lourdement endetté (ce qui est le cas de pratiquement tous les pays européens y compris l’État de Genève !) et si les taux d’intérêts (actuellement particulièrement bas) des emprunts venaient à augmenter, à mon avis cela ne saurait tarder, alors la bulle de la dette deviendrait explosive.

Le malheur pour la France consiste à ne produire que du déficit sans réussir à relancer la croissance et à faire baisser le chômage. Je crains aussi que ce pays ne soit pas préparé à faire face à un changement radical de sa mentalité obsolète et trop conservatrice pour se tourner résolument vers les secteurs de pointe comme les nanotechnologies, l’intelligence artificielle,  le spatial, la médecine chirurgicale robotisée- etc. Le risque sera grand alors de voir ses meilleurs cerveaux s’expatrier. Le gouvernement français se bornant à prendre que des mesures « légères », sans oser toucher de manière profonde aux structures trop lourdes de son fonctionnement.

Enfin, les accords de Maastricht ne sont plus respectés depuis plusieurs années par la France qui n’arrivera jamais plus à honorer sa signature et qui fait d’elle un  mauvais élève de l’Europe.

 

 

 

 

 

On peut dès lors se poser la question :   un état pourrait-il tomber en faillite ?

Mais qui sont les créanciers de la France ?

Pour 66% la dette est détenue par des non-résidents, définition floue et ambiguë, car impossible de savoir quel pays en possède le plus, la loi interdisant cette information, 20% par des compagnies d’assurances et 14% par des établissements de crédit.

Tous ces acteurs achètent des produits émis par la France et remboursables généralement à long terme. Ces emprunts sont réalisés à des taux réduits de 1 à 4% grâce à l’obtention de la fameuse cotation des AAA.

 

Par définition, un Etat ne peut pas tomber en faillite, l’Argentine avait été une exception. Cela signifie que sa situation financière ne peut plus faire face à ses engagements et devrait le conduire à une procédure judiciaire. Il devrait donc céder ses actifs pour rembourser ses passifs.

Dans le cadre d’un pays ce n’est pas possible en vertu de la souveraineté d’un état représentant le peuple, donc incessible. Comme par exemple, un tiers ne peut pas se substituer à l’Etat pour lever des impôts et se faire rembourser par ce biais.

Hors de question également d’envoyer un huissier pour se saisir de la Tour Eiffel.

Reste la seule solution qui consiste à négocier avec les créanciers en vue d’obtenir une réduction de la dette.

Impossible également de servir dans le patrimoine de l’Etat, ce qui  reviendrait à une déclaration de guerre.

Pas question non plus que la France ne fasse marcher la planche à billets, car seule la BCE peut autoriser les banques centrales des pays de la zone euro à émettre des billets libellés en euros.

Il faut bien se rendre compte des conséquences d’un pays en cessation de paiement : plus personne ne voudra lui prêter de l’argent. Les résultats seraient terribles : médecins, policiers, instituteurs, militaires, chômeurs ne seraient plus payés, donc plus de service public et une aggravation des vols et de l’insécurité.

Pas très réjouissant tout cela.

En conclusion: si l’Etat ne veut pas ou ne peut vraiment pas rembourser, il n’arrivera plus à emprunter. On lui imposera des taux d’intérêts très élevés. C’est ce qui se passe en Grèce actuellement avec les conséquences que l’on sait.

A ce petit jeu, on va mettre les mains dans un vilain engrenage que j’appellerais la contagion. On voit bien ce qui passe au Portugal, en Espagne et qui risquerait bien aussi de frapper la France.

N’oublions pas que ce sera aux créanciers d’éponger la dette si l’on veut éviter un effondrement général de notre système monétaire. Mais de mon humble avis, on n’en est pas loin ….

J’entends déjà mes copains me taxer d’affreux pessimiste…. Attendons pour voir !

 

 

 

 

Arrivé à ce stade de ma chronique, j’ai quelques doutes que mes lecteurs aient eu le courage de me suivre  jusqu’ici.

 Sujet rébarbatif s’il en est et qui n’intéresse que peu de monde. A moins que vos actions UBS et  CS vous aient comme à moi causé quelques pertes dans votre patrimoine. Je ne vous parlerai pas non plus de la triste image que nos banquiers donnent de la Suisse et de leur manque d’éthique évident.

Pour faire plus simple, cliquez sur la petite vidéo ci-dessous. Une façon facile de comprendre le mécanisme d’un Etat à s’endetter.

   

JCE/27.11.2014

 

Salut l'ami, merci pour tes

Salut l'ami, merci pour tes messages...ici en Thailande tout va bien...les jolies Thai sont toujours là,temps très doux 30 degrés. vie calme et sans soucis...bonnes salutations et si tu croises tes amis du Mardi donnes de bonnes salutations à tous, avec mes amitiés, Claude Harder

Hello jean-claude, j'ai bien

Hello jean-claude,
j'ai bien lu ton exposé mais je crois que l'on doit vivre avec. ceux qui prête savent les risques qu'ils prennent.

merci à bientôt amitié
georges

La seule question est

La seule question est quand??????? Rien a dire tu as tout juste et
tu reste membre des PECUNIA

amities
Hansjorg.

Bonjour Jean-Claude, Merci

Bonjour Jean-Claude,

Merci pour cet excellent texte. Le rédacteur ne semble pas spécialement apprécier les banquiers, mais autrement il a hélas vu très juste !

Pas le temps d’aller au golf, mais j’ai commencé le curling à Sous-Moulin.

A bientôt

Rudi

Instructif

Merci cher Professeur. Cour vraiment Magistral !!!!

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