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La flute enchantée de Mozart

Retour aux articles 03/07/2013

 

De passage à Bordeaux avec mon ami Walter, on ne pouvait pas manquer une soirée à l’Opéra.

                        A l’affiche : la célèbre Flute enchantée de Mozart.

 

 

Le Grand Théâtre de Bordeaux est dû à l’architecte Victor Louis en 1780, ouvrage commandé par le maréchal de Richelieu.

De style néo-classique et classé monument historique, avec ses 88 mètres de haut, cet ouvrage reflète l’opulent urbanisme bordelais hérité du siècle des Lumières.

La salle, dans le plus pur style italien,  peut contenir un millier de spectateurs.

 

 

 

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En coproduction avec le Staatstheater Nürnberg, cette Flûte Enchantée mise en scène par Laura Scozzi et crée initialement en 2010 à l'Opéra National de Bordeaux, revendique une approche loufoque et poétique de l’ouvrage de Mozart.

En parcourant la presse de la région, on peut lire en autre :

  • L’adaptation de Laura Scozzi est certainement l’une des plus originales et des plus débridées. Culturebox
  • Cette production se conclut dans une bonne humeur générale, la neige ayant fait place à une vallée couverte d’herbe fraiche, tous les personnages se retrouvant pour une garden-party géante autour d’un barbecue – Classiquenews
  • La flute enchantée sent bon le soufre et la poudre d’artifice. Il est possible d’y vivre mille et une péripéties et d’y côtoyer créatures et merveilles, d’y assister aux métamorphoses des sentiments, à l’immortelle lutte du bien contre le mal.

 

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J’écris cette chronique surtout pour tenir compte de l’avis de mon ami Walter, à deux doigts

de quitter le spectacle à l’entracte tellement l’ouvrage lui paraissait s’écarter de la version classique et ne plus cadrer du tout avec le sens donné à cette œuvre.

  • «  foutaise que cela «   a-t’ il encore dit dans son énervement!

 

J’avoue avoir pris un peu de recul pour donner mon avis.

J’ai été moins choqué que le prénommé, car beaucoup de metteur en scène se sont permis des écarts délirants.

On se souviendra de la version du Tannhäuser d’Oliver Py à Genève, du dealer new-yorkais dans Don Giovanni de P.Sellars et d’une Traviata à Bruxelles dans laquelle les acteurs évoluaient  dans un milieu pédophile et SM.

 

Pour en revenir à notre flute, Il faut bien se souvenir que cet ouvrage a été écrit pour un public populaire comme un conte.

Et qu’est-ce qu’est-ce que l’on trouve dans un conte ? Des objets magiques, de la féérie, des animaux, des personnages effrayants, des héros, avec en filigrane  le thème récurrent du bien et du mal.

 

Pour essayer de mieux comprendre voici un extrait d’interview du metteur en scène :

«  Nous avions envie de transposer cette histoire dans une société actuelle, avec des personnages plus proches de nous. Ce qui nous a immédiatement éloignées des symboles d‘Egypte. Nous cherchions une unité spatiale et temporelle, nous permettant d‘évoluer d‘une façon cinématographique à travers les innombrables changements de lieux imposés par le livret. Le livret lui-même nous a donné une piste, évoquée à plusieurs reprises : montagnes et vallées. L‘idée de la montagne nous a paru intéressante aussi bien d‘un point de vue esthétique que symbolique (la difficulté d‘atteindre le sommet « 

 

 

 

 

 

Reste pour certaines personnes d’y voir un message maçonnique dans ce singulier ouvrage.

On sait que Mozart, le baron von Gebler (auteur du livret Koenig in Aegypten)  et son ami le comédien  Schikaneder (qui signera la rédaction définitive du texte)  étaient tous les trois membres de loges maçonniques. Ces trois personnes sont les instigateurs de la création de la Flute enchantée.

On peut donc supposer que cet ouvrage contienne quelques références théosophiques.  

Le livret a été à plusieurs reprises remanié et  peut receler des niveaux de lecture très différents

notamment celle liée à la  philosophie des Lumières et du symbolisme maçonnique. 

 

 

 

Après cette introduction, disons quand même quelques mots sur la représentation de 6.6.2013.

La réputation de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine et le Chœur de l’opéra National de Bordeaux dépasse largement les frontières de l’hexagone.

Sous la direction compétente de Jurjen Hempel, ces musiciens ont rempli correctement  leur contrat.

J’aurais apprécié un peu plus de volume sonore, de couleur vocale et par moment de puissance.

 

La mise en scène  par Laura Scozzi emprunte des chemins inhabituels.

Nous voici transporté dans une station de sports d’hiver à notre époque. Elle nous assure se conformer au livret « entre vallées et montagnes ». L’ascension des cimes représente alors le parcours initiatique des héros.

La toile de fonds du décor est souvent l’objet de projection cinématographique ce qui

donne l’illusion de dévaler en luge ou à ski des pentes enneigées. Assez génial !

 

 

 

Excellente prestation des » 3 dames »  qui toute possèdent une carte de visite assez impressionnante de leur prestation sur les scènes européennes.

 

 

Dans les rôles principaux :

Tamino ( Julien Behr)  -Papageno ( Florian Sempey)  -Pamina (Melody Moore)

Indéniablement ils possèdent une solide formation musicale ainsi qu’une expérience

forte de plusieurs années sur les scènes d’opéras. Leur interprétation est cependant un peu trop

inconsistante tout comme leur jeu de scène.

Est-ce dû au fait que cet ouvrage chanté en allemand ne devait pas être leur langue maternelle. ?

 

 

 

 

 

Sarasto  (Wenwei Zhang basse-baryton venu de Chine)

Il possède tout à fait le physique du rôle, mais c’est une basse-baryton et non une basse profonde comme on a l’habitude d’entendre dans ce rôle. Dommage, car cette basse doit faire le contraste avec la reine de la nuit rôle confié à une soprano colorature.

Mozart avait tenu à couvrir 4 octaves pour ces deux rôles. Raté pour ce coup-ci !

J’ai été un peu dérouté par l’apparition de cette  reine, sortie  d’un night-club, ivre.

Mais cela n‘a en rien entaché d’apprécier la précision de ses vocalises et un aigu impressionnant dans le célèbre air de la reine de la nuit

Il appartenait à la soprano Olga Pudova (conservatoire de St Petersburg) de recueillir les nombreux applaudissements mérités pour sa merveilleuse interprétation de ce  célébrissime air.

 

 

 

 

Conclusion :

 La comparaison avec la nouvelle cuisine m’est venue à l’esprit et peut paraitre insolite, mais il y a certes un point commun. Dans la version de cet opéra :  on aime ou on n’aime pas.

 

Salut à toi Walter ; voilà de quoi alimenter nos discussions lors de  notre prochain parcours de golf !

JCE/ 1.7.2013

 

Pour ceux qui ont  eu le courage de me lire jusqu’ici, voici quand même un extrait

de cet ouvrage. 

Erika Miklosa chante Mozart : La Reine de La Nuit

De mon avis, la meilleure version de ce rôle Mais cela n’engage que moi. 


copies de commentaires recus

Par Anonyme Walter (non vérifié), le 07/07/2013.
Comme j'ai vu cette représentation de La Flute.. avec toi et comme mon opignon concernant cette mise en scène est complètement different, je te donne un petit commentaire.
Aujourdhui, une partie des régisseurs, et peut être pas les meilleurs, pensent qu'il faut s'éloigner des représentations classiques et les adapter à notre ère. Cela peu tout à fait se faire avec des oevres qui jouent dans un temps, comme p.ex. "La noce de Figaro", etc., mais des oevres mystiques et symbolique doivent rester dans un cadre mystique. La Flute.. est un opéra mystique. C'est en principe l'éternel combat de la lumière contre les tenébres et en tant que celà, chaque détail dans la mise en scène classique à sa signification. Malheureusement et je suis sûr, la pluspart des spéctateurs qui regardent cet opéra n'ont que peu d'idées de quoi il s'agit vraiment. Comment peut-il laisser chanter Sarastro son air "In diesen heiligen Hallen..." dans une cabane de ski! Cela ne va tout simplément pas.
Donc ma notation en bref: La mise en scene, completement débil!
Les chanteurs: Papageno, très bien; Tamino, nul;Sarastro moyen,
La reine de nuit, très bien, Papagena, bien; Pamina,bien; les trois Dames,bien.
J'aimerais bien savoir ce que la majorité du publique à trouvé dans cet opéra après avoir vu ce spéctacle?
Salutations, Walter
Post tenebras lux!!

Pauvre Momo ! ;-)
Par Sophie Ellen FRANK (non vérifié), le 04/07/2013.
C'est également avec intérêt que j'ai lu cette chronique.
Bon, je suis une puriste, une traditionaliste et j'aime les belles mises en scène, tant en tant que cantatrice, que metteur en scène, mais également en tant que pédagogue qui veut transmettre aux jeunes générations le bonheur de s'immerger dans une autre époque.
On peut en tant que metteur en scène, être inventif et surtout, l'on doit faire confiance au compositeur et ne pas lui voler son show. Je me mets au service de la musique, au niveau du jeune spectateur que je veux charmer.
Il n'y a pas de honte à faire des mises en scène "à l'ancienne", loin de là, c'est même un pari très risqué, car les "vrais" professionnels, ceux qui se foutent de la tête des spectateurs et des chanteurs, nous méprisent.... et pourtant, c'est bien plus difficile de faire parler de soi avec des atmosphères qu'avec des femmes seins-nus et en jeans.... et les médias préfèrent ces deuxièmes...
Mais, je suis opiniâtre, et on ne m'aura pas comme ça ! Les modes passent, se succèdent et s'évanouissent.... mais les belles oeuvres de notre héritage et patrimoine culturel perdurent !
Alors, soit, qu'ils s'amusent avec cette Flûte, ils ne sont ni les premiers, ni les derniers... mais ils ne sont plus originaux du tout !
Mais sympa les vacances à Gstaad avec Momo ! :-)
Merci pour votre chronique toujours aussi vivante et spontanée !

J’ai lu ta chronique sur la
Par jcemmel, le 04/07/2013.
J’ai lu ta chronique sur la flute enchantée bordelaise avec intérêt. Je te rappelle que j’ai une belle –sœur cantatrice et j’ai souvent eu des confrontations sur le même thème avec elle. Je serai curieux de lui faire parvenir ta réflexion. En ce qui me concerne, je partage totalement ton opinion. Mais je ne veux pas allonger. A la prochaine bouffe. Gérard

Quel travail Quel curiosité,
Par Pierre d'o (non vérifié), le 04/07/2013.
Quel travail Quel curiosité, quel volonté de partager, de faire connaître... quelle ouverture d'esprit. Quel savoir-faire ! Franchement mon cousin, si la nature m'avait donné quelques pouvoirs, ce ne serait pas une flûte enchantée que je t'offrirais, mais bien une deuxième vie de chroniqueur de haut vol ! Relayée par une maîtrise technique qui ridiculiserait pas mal de foutriquets sortant de nos écoles d'art, tes chroniques sont tout simplement INTERESSANTES, ce qui n'est pas le minimum syndical que nous livrent certains médias ! Félicitations donc et longue vie à tes chroniques.

J’ai lu ta chronique sur la

J’ai lu ta chronique sur la flute enchantée bordelaise avec intérêt. Je te rappelle que j’ai une belle –sœur cantatrice et j’ai souvent eu des confrontations sur le même thème avec elle. Je serai curieux de lui faire parvenir ta réflexion. En ce qui me concerne, je partage totalement ton opinion. Mais je ne veux pas allonger. A la prochaine bouffe. Gérard

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